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Bangkok l’incontournable

Pile : Bangkok vue par Cécile

Pour le voyageur en Asie, Bangkok est la ville incontournable, car c’est le point d’entrée le moins cher pour découvrir le coin. Souvent détestée car trop polluée, trop superficielle ou trop grande, j’étais un peu angoissé à l’idée de l’affronter. Puis, en l’espace de quatre mois, j’y ai séjourné cinq fois et j’ai adoré.

J’ai aimé le côté tentaculaire de la ville, de devoir prendre un métro propre et climatisé pour me déplacer, de pouvoir y trouver tout ce que je voulais. J’ai pu m’étourdir sur Kao San road au milieu des touristes ennivrés et des vendeurs de souvenirs. J’ai adoré les métamophoses de cette rue qui change d’ambiance selon les heures de la journée.

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J’ai aimé les visites culturelles dans les nombreux temples, au Palais Royal qui scintille à chaque centimètres carré, dans les musées qui parsèment la ville. J’ai même aimé les stratagèmes des Thailandais qui essayent de t’entourlouper en te disant que le Palais est fermé pour une quelconque cérémonie. Ne jamais les croire, et se fier uniquement aux indications d’ouverture indiquées dans le Lonely Planet.

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J’ai aimé faire cinquante centres commerciaux, tous plus gigantesques les uns que les autres. Certains suintant carrément le luxe et d’autres ressemblants à un marché de rue animé sur dix étages. Me rendre compte qu’il n’existe aucun pantalon qui ne soit pas un slim dans tout le pays, qu’une taille 40 en France correspond à un XL thai, que la mode occidentale ne correspond vraiment pas à la mode orientale, même chez Mango et compagnie.

J’ai adoré visiter les klongs en bateau, cette partie de Bangkok composée de vieilles bicoques en bois sur pilotis, de varans qui se font dorer au soleil, et de poissons-chats qui pullulent dans les eaux du fleuve.

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Et il y a aussi le quartier chinois, animé et tellement à part, avec des stands de rues et ses enseignes lumineuses. Les manifestations qui secouent le pays régulièrement. Les portraits omniprésents du roi. Les séances de cinéma où sont diffusés les hommages au roi avant chaque film et tout le monde est tenu de se lever. Les autres hommages, où les gens s’arrêtent, restent immobiles tous ensemble durant une minute avant de reprendre leur vie. Tous ces moments uniques et ces rencontres inoubliables.

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Face : Bangkok, vue par Adrien

Effectivement Bangkok est incontournable..
Mais Bangkok est aussi insupportable. Ville immense, ou la circulation est tentaculaire. Il faut généralement des dizaines de minutes pour parcourir quelques kilomètres.
Bangkok est une ville polluée, trop polluée et qui à des relents insupportables d’égouts tous les 10 mètres.
Kan San Road, malgré de nombreux allers et retours dans cette rue, a des aspects insupportables et ne représente tellement pas la beauté de la Thaïlande.

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Mais Bangkok en ce moment est une ville extraordinaire car c’est une ville bloquée depuis près de 4 mois maintenant.
Ne me fiant pas aux journaux décrivant les rassemblements comme dangereux, je décide de m’aventurer au milieu de ces gens qui, pour des raisons que je ne jugerai pas, se mobilisent depuis 4 mois.

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La patience des gens, leur obstination extraordinaire, et les campements qu’ils ont mis en place m’ont impressionné. Il y a des centaines et des centaines de tentes installées, des stands de repas, de stands d’informations et d’échanges. J’ai même participé à un goûter gratuit, très convivial.
J’ai passé plusieurs heures à déambuler au milieu des ces Thaïlandais, à prendre des photos, à m’intéresser.
La principale de leur revendication est la chute de la première ministre. Ils se battent contre la corruption qui rongent les politiques de leur pays.

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Je lisais à ce moment là un livre sur Nelson Mandela, qui dans sa jeunesse n’a pas hésité à mener une lutte armée contre l’apartheid en Afrique du Sud. Pour lui à ce moment là c’était l’unique solution. Lors d’une discussion avec une militante, nous abordons le problème des armes. Elle se dit résolument opposé mais elle est révoltée contre les attaques armées de la police. Elle me demande si parfois la violence n’est pas nécessaire dans certains conflits? Je ne sais quoi lui répondre. Elle, elle me dit être prête à rester là et à mourir pour ses convictions si il le faut.
Je reprend ma route en méditant et en lui souhaitant de prendre soin d’elle. Elle me lance un sourire et un geste de la main.
Voilà, je ne compare en rien l’Afrique du sud et le mouvement en Thaïlande, mais il y a parfois des coïncidences qui laissent songeur.

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Content de laisser cette mégalopole gigantesque, tentaculaire et fourmillante, je file prendre mon train pour la Malaisie.
22h de train et le début d’une nouvelle aventure qui devrait durer trois mois jusqu’en Nouvelle Zélande.

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A bientôt, on the road again

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